L'œil injecté de vaisseaux déchaînés,
Marche l'ego par les mains enchaîné
Aux yeux de la foule et aux cœurs des coupables
Gorgés de mépris pour les cœurs misérables.
Tel un mortel emporté par la gloire,
Tel un mourant accroupi au crachoir,
Il laisse tomber sa salive à ses pieds
Et glisse sur ceux qui l'ont tant supporté.
Vois à présent sur le chemin boueux
L'ombre du trône dressé sous les cieux
Brisés par l'éclat des ténèbres riantes
Qui mordent ton œil et la peur qui le hante.
Toi qui voulais dérober tous les cœurs,
Vois tes folies dévorées par les leurs,
Dans l'âme de ceux que tu veux dominer
Se cache le feu qui viendra t'enlacer.
Sans cesse adoré et jamais abhorré,
Tu croyais marcher sur des cœurs atrophiés.
Mais dans la lumière, tu mens
Sur l'ombre de ton sentiment.
Pour les sacrifices qui ne t'ont rien coûté,
Pour les artifices qui t'ont tout apporté,
Verse ton sang sur les larmes
De l'homme vaincu par tes armes.
Pris dans les affres d'un dieu condamné,
Tu marches dans l'ombre où bientôt couronné,
Tu consumeras ta fierté,
Et maudiras l'éternité.
Sur le bûcher des torpeurs éternelles,
Te voilà courbé comme un bœuf qu'on attelle
Au char des douleurs infinies,
Gloire d'une triste ironie.
L'astre brûlant
N'est que le sommeil
De l'âtre ronflant
Aux pointes vermeilles.
Ronces de feu
Qui mordent la chair
Du corps hideux
Haï par ses pairs.
Criant dans le creux de l'acrimonieux puits
Où brûle le rutilant masque détruit,
Tu hurles sur l'arbre éclaté des douleurs.
Ses branches cassées s'insinuent dans ton cœur.
Mort dans le cœur des monarques déchus,
Vif dans la teinte des braises fendues,
Tu rampes, soumis aux caprices des cendres
Qui volent la forme sans jamais la rendre.
Pris dans les mailles de l'humilité,
Chu dans les failles d'un cœur détraqué,
Gisant dans la boue, tu déchires l'espoir
De mépriser l'homme à genoux pour te voir.
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